đ ALLoNON ! Halloween en crĂšche : « On a toujours fait comme ça ! »⊠Et si on se demandait pourquoi ?
Les Fiches pĂ©da des EJE & ActivitĂ©s â par Alexia, EJE

Depuis quelques jours, difficile de passer Ă cĂŽtĂ© d'Halloween sur les rĂ©seaux sociaux. Citrouilles peintes, petites araignĂ©es, fantĂŽmes en coton, dĂ©guisements, dĂ©corations et activitĂ©s sensorielles orange et noir⊠Les idĂ©es ne manquent pas ! Chaque annĂ©e, cette fĂȘte inspire de nombreuses professionnelles de la petite enfance, qui rivalisent de crĂ©ativitĂ© pour proposer des activitĂ©s aux enfants.
Et puis, récemment, lors d'un accompagnement de direction de micro-crÚche, une directrice m'explique qu'elle souhaite absolument organiser Halloween dans sa structure. Je lui pose alors une question toute simple : Pourquoi ?
Pas pour lui dire qu'elle a tort, ni pour lui expliquer qu'Halloween n'a pas sa place en crÚche, mais pour comprendre son intention pédagogique.
Qu'avait-elle envie de faire vivre aux enfants ? Quelles dĂ©couvertes souhaitait-elle leur proposer ? Et surtout, quel intĂ©rĂȘt cette fĂȘte pouvait-elle prĂ©senter pour des enfants de moins de 3 ans ?
Cette conversation m'a donnĂ© envie d'aller un peu plus loin. Parce que derriĂšre une fĂȘte aussi populaire qu'Halloween se cachent finalement plusieurs questions passionnantes sur nos pratiques professionnelles. Pourquoi organisons-nous certaines activitĂ©s ? Pour qui les imaginons-nous ? Et surtout, qu'en vivent rĂ©ellement les enfants ?
Alors, Halloween en crÚche : oui, non⊠ou plutÎt ALLoNON ? On décortique tout ça avec notre regard d'éducatrices de jeunes enfants !
« On a toujours fait comme ça ! » Une phrase qui mérite qu'on s'y intéresse
Qui n'a jamais entendu cette phrase en structure petite enfance ? « On a toujours fĂȘtĂ© Halloween », « Les parents aiment bien », « Les enfants adorent se dĂ©guiser » ou encore « C'est une tradition chez nous ». Et finalement, pourquoi pas ? Les fĂȘtes participent Ă la vie collective. Elles peuvent crĂ©er de beaux moments de partage entre les enfants, les familles et les professionnelles. Elles contribuent parfois Ă construire une identitĂ© de structure et permettent Ă©galement de dĂ©couvrir diffĂ©rentes traditions culturelles.
Mais une question mĂ©rite d'ĂȘtre posĂ©e : est-ce parce qu'une activitĂ© est devenue une habitude qu'elle rĂ©pond nĂ©cessairement aux besoins des enfants que nous accueillons aujourd'hui ?
Prenons un exemple.
Une équipe organise chaque année un atelier de fabrication de citrouilles. Les professionnelles préparent le matériel, accompagnent les enfants, terminent les productions et les affichent dans le hall. Tout le monde est content, les familles découvrent les réalisations et les enfants repartent avec leur petite création.
Mais si, cette annĂ©e, nous prenions cinq minutes pour observer autrement cette activitĂ© ? Qu'est-ce qui intĂ©resse rĂ©ellement les enfants ? Est-ce la peinture, le contact avec la matiĂšre, le plaisir de faire des traces, le fait d'ĂȘtre avec l'adulte ou la citrouille elle-mĂȘme ?
La rĂ©ponse pourrait bien nous surprendre. Et c'est justement ce qui rend notre mĂ©tier passionnant : une mĂȘme activitĂ© peut prendre un sens trĂšs diffĂ©rent selon la maniĂšre dont elle est proposĂ©e et vĂ©cue. Interroger une pratique ne signifie pas remettre en cause les compĂ©tences ou l'engagement des professionnelles. C'est simplement accepter de regarder autrement ce que nous faisons au quotidien.
đ» Halloween vu Ă hauteur d'enfant : une autre histoire
Pour un adulte, Halloween Ă©voque souvent une fĂȘte amusante, des costumes, des dĂ©corations et quelques frissons. Mais imaginons maintenant la mĂȘme scĂšne Ă hauteur d'un enfant de 18 mois. En arrivant Ă la crĂšche, il dĂ©couvre des dĂ©corations inhabituelles, une professionnelle porte un chapeau de sorciĂšre, un visage familier est dissimulĂ© derriĂšre un masque et des personnages sont suspendus au plafond. Comment va-t-il rĂ©agir ?

Impossible de rĂ©pondre Ă sa place. Certains enfants seront intriguĂ©s, d'autres riront, chercheront Ă toucher ou voudront participer. D'autres encore pourront se montrer hĂ©sitants, voire effrayĂ©s. Et toutes ces rĂ©actions mĂ©ritent notre attention, car le jeune enfant ne possĂšde pas encore les mĂȘmes capacitĂ©s que l'adulte pour interprĂ©ter les reprĂ©sentations fantastiques ou comprendre certaines mises en scĂšne.
Les travaux d'Henri Wallon nous rappellent combien les émotions et les relations occupent une place importante dans le développement de l'enfant. Jean Piaget, à travers ses recherches sur le développement cognitif, a également montré comment le jeune enfant construit progressivement ses représentations du monde à partir de ses expériences.
Avant 3 ans, la compréhension des situations fictives, des symboles et la distinction entre certaines représentations imaginaires et la réalité sont encore en construction.
Cela ne veut pas dire qu'un tout-petit ne peut pas apprĂ©cier un dĂ©guisement ou un personnage imaginaire. Mais il ne leur donne pas nĂ©cessairement le mĂȘme sens que nous. Et lorsqu'un enfant a peur d'un masque, lui expliquer que « c'est pour rire » ne suffit pas toujours. Pour lui, l'Ă©motion est rĂ©elle, mĂȘme si la situation est fictive.
Notre rÎle consiste donc à observer les réactions individuelles, à accueillir les émotions et à proposer un environnement suffisamment sécurisant pour que chaque enfant puisse participer, observer ou simplement ne pas prendre part à l'activité. Finalement, plutÎt que de décider à l'avance qu'Halloween sera amusant pour tout le monde, pourquoi ne pas commencer par regarder comment chaque enfant accueille cette expérience ?
đš La citrouille est-elle vraiment le sujet de l'activitĂ© ?

Imaginons une activité peinture dont l'objectif annoncé est de réaliser une citrouille. L'adulte prépare une feuille, propose de la peinture orange et guide les gestes de l'enfant pour obtenir une jolie production. Mais pendant l'activité, l'enfant semble surtout intéressé par la peinture qui glisse entre ses doigts. Il frotte ses mains, observe les traces, recommence, puis essaie de peindre sur une autre partie de la feuille.
Et si, finalement, son vĂ©ritable intĂ©rĂȘt n'Ă©tait pas de fabriquer une citrouille, mais de dĂ©couvrir ce que ses mains peuvent faire ?
Cette question fait écho à la pédagogie d'Emmi Pikler, dans laquelle l'activité autonome et l'initiative de l'enfant occupent une place centrale. Elle rejoint également certains principes développés par Maria Montessori autour de l'activité propre de l'enfant et de l'importance d'un environnement adapté à ses possibilités. L'enfant apprend en agissant, en explorant, en répétant et en expérimentant. Ces expériences, parfois trÚs simples en apparence, participent à la construction de ses compétences motrices, cognitives et sensorielles.
Cela ne signifie pas qu'une activité guidée par l'adulte est nécessairement inadaptée. L'adulte peut accompagner, enrichir et soutenir les découvertes. Mais il est intéressant de distinguer ce qu'il souhaite obtenir de ce que l'enfant est réellement en train de vivre. Une production esthétique n'est pas nécessairement le reflet de la richesse de l'expérience, tout comme une feuille recouverte de traces désordonnées peut témoigner d'une exploration particuliÚrement intéressante.
La question n'est donc plus seulement de savoir quelle activité Halloween nous allons proposer, mais plutÎt quelle expérience nous souhaitons permettre à l'enfant de vivre. Et surtout, comment nous allons lui laisser suffisamment de place pour qu'il puisse se l'approprier.
đ Et si Halloween Ă©tait surtout un prĂ©texte ?
VoilĂ peut-ĂȘtre la partie la plus intĂ©ressante de notre rĂ©flexion. Parce qu'en rĂ©alitĂ©, Halloween peut ĂȘtre une occasion de proposer des expĂ©riences adaptĂ©es aux jeunes enfants, mais pas nĂ©cessairement pour les raisons auxquelles nous pensons spontanĂ©ment. Une courge peut devenir un support d'exploration sensorielle, des tissus orange peuvent permettre de dĂ©couvrir des matiĂšres et des mouvements, des objets Ă transporter peuvent solliciter la motricitĂ© et une promenade peut ĂȘtre l'occasion d'observer les changements de l'environnement.
Finalement, ce qui intéresse l'enfant n'est pas toujours le thÚme choisi par l'adulte. Et ce n'est pas grave ! Au contraire, cela peut nous aider à ajuster nos propositions.
PlutÎt que de chercher absolument à fabriquer des fantÎmes et des citrouilles, pourquoi ne pas explorer autrement cette période de l'année, en nous appuyant sur les besoins de développement des enfants ?
Et la place des familles dans tout ça ?
Il serait dommage d'oublier cet aspect, car Halloween peut avoir une place importante dans certaines familles, tandis que d'autres ne le célÚbrent pas du tout. Les traditions familiales, les habitudes culturelles et les représentations de chacun sont différentes. Une structure petite enfance est aussi un lieu de rencontre entre ces différentes cultures, et les moments festifs peuvent contribuer à créer du lien entre les familles et les professionnelles.
Pourquoi ne pas profiter de cette pĂ©riode pour Ă©changer avec les parents ? Que reprĂ©sente Halloween pour eux ? Comment leurs enfants vivent-ils cette fĂȘte Ă la maison ? Souhaitent-ils partager certaines traditions ? Ces Ă©changes peuvent enrichir notre connaissance des enfants et favoriser une continuitĂ© entre leurs diffĂ©rents lieux de vie.
Mais ils nous rappellent Ă©galement qu'une fĂȘte collective ne doit pas devenir une obligation individuelle. Un enfant peut participer avec enthousiasme, un autre prĂ©fĂ©rer observer et un troisiĂšme ne pas souhaiter prendre part Ă certaines propositions. L'essentiel est que chacun puisse trouver sa place, sans pression ni attente de rĂ©sultat.
đ Alors, Halloween ou ALLoNON ?
AprĂšs toutes ces rĂ©flexions, faut-il finalement organiser Halloween en crĂšche ? La rĂ©ponse ne tient probablement pas dans un simple oui ou non. Une fĂȘte peut avoir du sens, une activitĂ© autour d'Halloween peut ĂȘtre adaptĂ©e et un moment partagĂ© peut ĂȘtre source de plaisir et de dĂ©couvertes. Mais ce n'est ni la dĂ©coration, ni le dĂ©guisement, ni la production finale qui suffisent Ă dĂ©finir sa valeur pĂ©dagogique.
Ce qui compte, c'est l'attention portĂ©e Ă l'enfant, Ă ses compĂ©tences, Ă ses Ă©motions, Ă ses intĂ©rĂȘts et Ă sa libertĂ© de participation. Et cette rĂ©flexion dĂ©passe largement Halloween. Elle concerne Ă©galement NoĂ«l, PĂąques, les fĂȘtes familiales et toutes les journĂ©es thĂ©matiques qui rythment parfois la vie des structures.
Il n'est pas question de supprimer les fĂȘtes, les traditions ou les moments de convivialitĂ©. Il est question de prendre le temps de rĂ©flĂ©chir Ă ce que nous souhaitons rĂ©ellement proposer aux enfants. Car notre mĂ©tier ne consiste pas simplement Ă remplir un calendrier d'activitĂ©s, mais Ă observer, comprendre, accompagner et crĂ©er des conditions favorables au dĂ©veloppement de chacun.
Alors, la prochaine fois qu'une équipe proposera une activité parce que « On a toujours fait comme ça », pourquoi ne pas simplement demander : « Et si on regardait ce que les enfants en retirent réellement ? »
Non pas pour chercher ce qui ne va pas, mais pour ouvrir une discussion, partager des observations et peut-ĂȘtre dĂ©couvrir de nouvelles maniĂšres de faire. Parce qu'une pratique professionnelle peut ĂȘtre agrĂ©able, bien intentionnĂ©e et apprĂ©ciĂ©e, tout en mĂ©ritant d'ĂȘtre questionnĂ©e.
En petite enfance, ce n'est pas parce qu'on a toujours fait quelque chose qu'on sait encore pourquoi on le fait.
Et c'est peut-ĂȘtre lĂ toute la richesse de notre mĂ©tier : accepter de faire Ă©voluer nos pratiques, non pas parce qu'elles Ă©taient mauvaises hier, mais parce que notre regard professionnel continue de s'enrichir.

đ Une journĂ©e orange : dĂ©couvrir les couleurs autrement
Imaginons une journée au cours de laquelle les enfants découvrent différents objets orange : des tissus, des balles, des livres, des courges, des matériaux translucides ou encore des contenants de différentes tailles. Certains vont manipuler, d'autres observer. Quelques enfants vont rapprocher des objets, les transporter, les cacher ou simplement apprécier les contrastes entre les couleurs.
L'adulte peut accompagner ces découvertes en mettant des mots sur les expériences vécues. « Tu as trouvé une balle orange ! », « Regarde, cette courge est orange aussi », « Tu as choisi un autre tissu ». Ces interactions contribuent à enrichir le vocabulaire, à soutenir l'attention conjointe et à accompagner la construction progressive des premiÚres catégorisations.
Mais attention, l'objectif n'est évidemment pas de faire apprendre la couleur orange à un enfant de 18 mois en une journée. La reconnaissance et la dénomination des couleurs se construisent progressivement, à travers des expériences répétées et des interactions avec l'environnement. Ce qui nous intéresse ici, c'est avant tout l'exploration, le langage, l'attention et la découverte. La couleur devient un fil conducteur, et non un objectif à atteindre à tout prix.
Des petites mains qui découvrent le monde
Cette pĂ©riode peut Ă©galement ĂȘtre l'occasion de proposer diffĂ©rentes expĂ©riences de manipulation. Une courge cuite et refroidie Ă Ă©craser entre les doigts, des contenants Ă remplir et Ă vider, des morceaux de papier orange Ă froisser ou Ă dĂ©chirer, de la peinture Ă Ă©taler avec les mains ou des outils adaptĂ©s⊠Autant de propositions qui peuvent soutenir le dĂ©veloppement de la motricitĂ© fine.
Ă travers ces expĂ©riences, l'enfant mobilise sa prĂ©hension, sa coordination Ćil-main et sa capacitĂ© Ă ajuster ses gestes. Il dĂ©couvre Ă©galement les propriĂ©tĂ©s des matiĂšres et les consĂ©quences de ses actions.
Lorsqu'il remplit un contenant, le vide, recommence ou écrase une matiÚre entre ses doigts, il expérimente des relations de cause à effet et affine progressivement ses compétences.
Ces répétitions, qui peuvent parfois sembler monotones aux adultes, constituent souvent de véritables occasions d'apprentissage pour le jeune enfant. Bien entendu, le choix des matériaux doit tenir compte de l'ùge, des capacités et de la sécurité des enfants. Les petites graines et les objets présentant un risque d'étouffement sont à éviter dans les propositions destinées aux tout-petits.
𧥠Bouger pour découvrir son corps et ses possibilités
Halloween évoque souvent des activités manuelles, mais pourquoi ne pas imaginer également des expériences motrices ? De grands coussins orange, des balles à transporter, des tunnels à traverser ou des espaces aménagés pour ramper, marcher et grimper peuvent offrir aux enfants de multiples possibilités de mouvement.
Chaque enfant pourra alors expérimenter selon ses capacités et ses envies. Pour les bébés, nous privilégierons un environnement permettant la motricité libre, dans le respect des principes développés par Emmi Pikler. L'adulte aménage l'espace, sécurise et observe, sans imposer de posture ou de performance motrice que l'enfant ne maßtrise pas encore.
L'intĂ©rĂȘt pĂ©dagogique ne rĂ©side donc pas dans la rĂ©alisation d'un parcours sur le thĂšme d'Halloween, mais dans les expĂ©riences corporelles proposĂ©es. L'enfant dĂ©couvre progressivement son Ă©quilibre, ses possibilitĂ©s de dĂ©placement, la coordination de ses mouvements et sa capacitĂ© Ă agir sur son environnement. LĂ encore, le thĂšme devient secondaire au profit de l'expĂ©rience vĂ©cue.
đ L'automne : une saison Ă vivre avant de la comprendre
Et si nous profitions aussi de cette période pour nous rapprocher de ce qui se passe réellement autour de nous ? L'automne offre de nombreuses possibilités de découvertes, mais il est important de rappeler que, pour un enfant de moins de 3 ans, comprendre les quatre saisons, leur succession et leur caractÚre cyclique reste complexe. Ces notions supposent une représentation du temps qui se construit progressivement.
En revanche, le jeune enfant peut parfaitement vivre les changements de son environnement. Il peut sentir le vent sur son visage, écouter la pluie, marcher sur des feuilles, observer les couleurs des arbres, toucher une courge ou découvrir de nouvelles textures. Ces expériences concrÚtes participent à la construction de ses premiers repÚres et enrichissent sa connaissance du monde.
John Dewey, à travers son approche de l'apprentissage par l'expérience, nous rappelle l'importance des situations concrÚtes dans la construction des connaissances. Avant de comprendre intellectuellement ce qu'est l'automne, l'enfant peut donc le découvrir à travers son corps, ses sens et ses interactions avec l'environnement.
Une promenade dans le jardin ou dans un parc peut ainsi devenir une expĂ©rience Ă©ducative particuliĂšrement riche. Encore faut-il laisser suffisamment de temps aux enfants pour observer, s'arrĂȘter, toucher, Ă©couter et explorer ce qui attire leur attention. L'objectif n'est pas de leur faire une leçon sur les saisons, mais de leur permettre de vivre des expĂ©riences qui contribueront progressivement Ă leur comprĂ©hension du monde.



Et si nous prenions le temps de réfléchir ensemble à nos pratiques ?
Au CPVi, nous accompagnons les équipes et les directions de structures petite enfance dans cette démarche de réflexion professionnelle. à travers nos séances d'analyse des pratiques professionnelles, nos formations et nos accompagnements de direction, nous créons des espaces pour interroger les habitudes, confronter les points de vue et faire évoluer les pratiques au regard des besoins des enfants.
Parce qu'il n'existe pas une seule maniÚre de bien faire, mais qu'il est toujours intéressant de comprendre pourquoi nous faisons les choses.
Alexia & Valentine
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