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« Je n’ai rien d’intéressant à raconter » : et si vos compétences professionnelles se cachaient dans votre quotidien ?

il y a 4 jours
15 min de lecture

VAE DEEJE : apprendre à reconnaître et à valoriser les compétences acquises dans son expérience professionnelle.

« Je n’ai jamais monté de grand projet. »

« Je fais mon travail, comme tout le monde. »

« Je ne vois pas ce que je pourrais raconter au jury. »

« Je suis auxiliaire de puériculture, je ne sais pas si j’ai réellement développé des compétences d’éducatrice de jeunes enfants. »


Ces phrases, nous les entendons régulièrement lors de nos accompagnements à la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) pour le Diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants (DEEJE).

Elles traduisent une difficulté que rencontrent de nombreuses professionnelles de la petite enfance : reconnaître la valeur de leur propre expérience.


Certaines exercent depuis cinq, dix ou quinze ans. Elles accompagnent quotidiennement les enfants et leurs familles, participent aux réflexions d’équipe, adaptent leurs pratiques, prennent des initiatives et contribuent au fonctionnement de leur établissement. Pourtant, lorsqu’elles commencent à rédiger leur Livret 2, elles ont parfois le sentiment de n’avoir rien de suffisamment intéressant à présenter.


Elles cherchent alors un projet exceptionnel, une situation particulièrement complexe ou une action dont elles pourraient être fières. Elles passent parfois des heures à réfléchir à ce qu’elles pourraient raconter, sans réaliser que certaines de leurs expériences les plus significatives se trouvent dans leur quotidien professionnel.


Et si la difficulté n’était pas de manquer d’expérience, mais de ne pas savoir reconnaître les compétences que cette expérience permet de démontrer ?


Quand le quotidien professionnel rend les compétences invisibles

Imaginez une professionnelle qui travaille depuis huit ans dans une crèche.

Chaque matin, elle accueille les enfants et leurs parents. Elle accompagne les séparations, observe les comportements, répond aux besoins individuels et participe à l’organisation de la journée. Lorsqu’un enfant manifeste une difficulté, elle ajuste sa manière de l’accompagner. Lorsqu’un parent exprime une inquiétude, elle prend le temps de l’écouter. Lorsqu’une organisation ne semble plus adaptée aux besoins du groupe, elle en discute avec ses collègues.


Pour elle, tout cela est normal. Elle considère simplement qu’elle fait son travail.

Cette perception est compréhensible. Avec l’expérience, certaines pratiques deviennent familières. Les gestes se fluidifient, les observations sont plus rapides et certaines décisions semblent presque évidentes. La professionnelle n’a plus nécessairement conscience de toutes les connaissances et de tous les raisonnements qu’elle mobilise pour intervenir.


Pourtant, ce qui lui paraît naturel aujourd’hui est souvent le résultat de plusieurs années d’apprentissage, d’observation, d’expérimentation et de réflexion.


Prenons l’exemple d’un enfant de 18 mois,

qui commence à manifester des signes de fatigue pendant une activité collective. La professionnelle remarque qu’il se frotte les yeux, détourne son attention et recherche davantage la proximité de l’adulte. Elle décide de lui proposer un environnement plus calme, sans attendre qu’il exprime son inconfort par des pleurs.

Lorsqu’elle raconte cette situation, elle explique simplement : « J’ai vu qu’il était fatigué, alors je l’ai installé dans un endroit calme. »

Cette phrase décrit une action. Mais elle ne permet pas encore de comprendre tout ce qui a conduit à cette intervention.

Comment la professionnelle a-t-elle identifié les signes de fatigue ? Sur quelles connaissances du développement du jeune enfant s’est-elle appuyée ? Comment a-t-elle pris en compte les habitudes et les besoins particuliers de cet enfant ? Pourquoi a-t-elle choisi cette réponse plutôt qu’une autre ?

Derrière une intervention apparemment simple peuvent se trouver des compétences d’observation, d’analyse des besoins, d’individualisation de l’accompagnement et d’adaptation de l’environnement.

Encore faut-il pouvoir les expliquer.


Une compétence ne devient pas visible simplement parce qu’une action a été réalisée. Elle doit pouvoir être identifiée, contextualisée et analysée.


C’est précisément cette démarche qui constitue l’un des enjeux de la VAE.


Faut-il nécessairement avoir réalisé un grand projet pour intéresser le jury ?

Cette question revient très souvent dans nos accompagnements.

Certaines candidates pensent qu’elles doivent impérativement présenter un projet pédagogique important, une action innovante ou un partenariat particulièrement original pour démontrer leurs compétences.

Elles cherchent alors à retrouver le projet le plus marquant de leur carrière : une semaine consacrée à la nature, un projet intergénérationnel, une action autour du livre, un partenariat avec une médiathèque ou encore une initiative autour de la parentalité.


Ces expériences peuvent évidemment être pertinentes. Elles peuvent permettre de démontrer des compétences en matière de conception, de mise en œuvre et d’évaluation d’actions éducatives.

Mais leur intérêt dépend avant tout de la place réellement occupée par la candidate.


Une professionnelle peut avoir participé à un projet ambitieux sans avoir été associée à sa conception. Elle peut avoir préparé du matériel, accompagné les enfants et participé aux activités, sans avoir contribué à la définition des objectifs ou à l’évaluation de l’action.

À l’inverse, une situation du quotidien peut nécessiter une réflexion approfondie et mobiliser plusieurs compétences professionnelles.


Par exemple,

Imaginons une professionnelle qui accompagne un enfant de deux ans rencontrant des difficultés importantes lors des séparations avec son parent.

Chaque matin, l’enfant pleure longuement et refuse de rejoindre le groupe. La professionnelle commence par observer les circonstances de ces séparations. Elle échange avec le parent pour mieux comprendre les habitudes de l’enfant, ses réactions et les éventuels changements survenus dans son environnement familial.

Elle partage ensuite ses observations avec l’équipe. Ensemble, les professionnels réfléchissent à des ajustements possibles dans les modalités d’accueil. Certaines propositions sont expérimentées, puis réévaluées à partir des réactions de l’enfant et des échanges avec sa famille.

Cette situation n’a rien d’extraordinaire. Elle fait partie des réalités rencontrées dans de nombreux établissements d’accueil du jeune enfant.

Pourtant, elle peut permettre d’explorer des compétences liées à l’observation, à l’accompagnement de la sécurité affective, à la relation avec les familles, au travail d’équipe et à l’évaluation des pratiques.

Ce qui rend cette expérience intéressante n’est pas son caractère spectaculaire. C’est la démarche professionnelle qui peut être mise en évidence.


Le jury ne cherche pas nécessairement à découvrir ce que vous avez fait d’exceptionnel. Il cherche à comprendre quelles compétences vous avez réellement acquises et comment vous les mobilisez dans votre pratique.


« J’ai simplement discuté avec une maman » : ce que cette phrase ne dit pas

Lorsqu’une candidate nous présente son parcours, elle évoque parfois certains événements presque en passant.

« Une maman était inquiète, alors nous avons discuté. »


Pour elle, il ne s’agit pas d’une situation professionnelle particulièrement importante. Elle estime avoir simplement pris le temps d’écouter un parent.


Mais lorsque nous approfondissons cet échange, d’autres éléments peuvent apparaître.


Par exemple,

Cette mère était peut-être inquiète parce que son enfant refusait de dormir à la crèche. Elle ne comprenait pas pourquoi son bébé parvenait à s’endormir facilement à la maison, mais rencontrait des difficultés dans l’établissement.

La professionnelle a pris le temps d’accueillir son inquiétude, sans minimiser ses préoccupations. Elle a recueilli des informations sur les habitudes de sommeil de l’enfant et expliqué certaines observations réalisées au sein de la structure.

Elle a ensuite partagé les éléments pertinents avec l’équipe, dans le respect de la confidentialité, afin de réfléchir à d’éventuels ajustements.

Cette situation peut révéler bien davantage qu’une simple conversation.

Elle interroge la place accordée aux parents, la manière de construire une relation de confiance, la capacité à recueillir des informations pertinentes et la coopération entre professionnels.

Elle peut également permettre d’examiner comment la professionnelle articule les besoins individuels de l’enfant avec les contraintes de l’accueil collectif.

Mais il serait insuffisant d’écrire simplement que cette candidate possède des compétences en accompagnement parental parce qu’elle a discuté avec une mère.

Il faut comprendre la nature de son intervention, ses intentions, les connaissances mobilisées et les effets de son accompagnement.

C’est cette analyse qui permet de dépasser la description.


Une activité ne constitue pas automatiquement une démarche éducative

Prenons un autre exemple particulièrement fréquent dans les dossiers de VAE : les activités proposées aux enfants.

Une candidate explique qu’elle a organisé une activité de peinture avec un groupe d’enfants de deux ans. Elle décrit le matériel utilisé, l’installation de la salle, les consignes données et le déroulement de l’activité.


Son écrit peut être précis, mais rester essentiellement descriptif.

Or, la réalisation d’une activité ne suffit pas à démontrer une démarche éducative.


Pourquoi cette proposition a-t-elle été envisagée ? Répondait-elle à des observations particulières ? Quels besoins des enfants avaient été identifiés ? Quelle place leur a été laissée dans l’exploration ? Comment la professionnelle a-t-elle adapté son intervention aux réactions individuelles ?

Imaginons que plusieurs enfants aient rapidement quitté l’activité. La professionnelle aurait pu considérer qu’ils manquaient d’attention ou qu’ils n’étaient pas intéressés.

Mais elle peut aussi choisir d’interroger sa propre proposition.


L’activité était-elle adaptée à leur développement ? Le temps proposé était-il trop long ? Les consignes limitaient-elles leur liberté d’exploration ? L’environnement permettait-il aux enfants de s’engager à leur rythme ?

Cette réflexion peut l’amener à modifier sa manière de proposer les expériences sensorielles.

La situation devient alors intéressante non pas parce qu’une activité de peinture a été organisée, mais parce qu’elle permet d’examiner la manière dont la professionnelle observe les enfants, questionne ses pratiques et adapte ses propositions éducatives.


L’intention éducative ne se déduit pas automatiquement de l’activité réalisée. Elle doit pouvoir être expliquée et mise en relation avec les besoins des enfants.


Cette distinction est particulièrement importante pour les candidates qui souhaitent faire reconnaître des compétences correspondant au métier d’éducateur de jeunes enfants.


Les difficultés professionnelles peuvent aussi révéler des compétences

Certaines candidates hésitent à présenter des situations dans lesquelles elles ont rencontré des difficultés.

Elles pensent qu’un dossier de VAE doit uniquement montrer des réussites, des projets aboutis et des interventions parfaitement maîtrisées.

Pourtant, l’exercice professionnel ne se déroule pas toujours comme prévu.


Une séparation peut rester difficile malgré les ajustements proposés. Un projet peut ne pas produire les effets attendus. Une relation avec une famille peut nécessiter du temps pour se construire. Une réflexion d’équipe peut faire apparaître des désaccords.


Ces expériences ne doivent pas être automatiquement écartées.

Elles peuvent constituer des situations pertinentes lorsqu’elles permettent de comprendre comment la professionnelle a identifié les difficultés, interrogé ses pratiques et recherché des réponses adaptées.


Prenons l’exemple

d’un enfant qui mord régulièrement d’autres enfants au sein d’un groupe.

La professionnelle pourrait se contenter de décrire les interventions réalisées après chaque morsure.

Mais elle peut également expliquer comment elle a progressivement cherché à comprendre les circonstances dans lesquelles ces comportements apparaissaient.

A-t-elle observé les moments de la journée concernés ? Les interactions entre les enfants ? Les situations de frustration ? Les possibilités de communication de l’enfant ? Les caractéristiques de l’environnement ?

Comment a-t-elle accompagné les autres enfants et leurs familles ? Quelle réflexion a été menée avec l’équipe ? Quels ajustements ont été envisagés ?

Il ne s’agit pas de démontrer qu’elle a trouvé une solution immédiate ou définitive.

Il s’agit de rendre visible sa capacité à analyser une situation complexe, à prendre en compte différents facteurs et à faire évoluer son accompagnement.

Une professionnelle peut également expliquer qu’une première intervention n’était pas adaptée et qu’elle a dû la modifier.

Reconnaître les limites d’une pratique ne constitue pas nécessairement une faiblesse. Au contraire, lorsque cette réflexion est argumentée, elle peut témoigner d’une capacité à prendre du recul sur son action.


La posture professionnelle ne consiste pas à toujours savoir immédiatement quoi faire. Elle implique aussi de savoir questionner ses décisions, reconnaître ses limites et rechercher des réponses adaptées.


Décrire son travail et démontrer ses compétences :

deux démarches différentes

L’une des principales difficultés rencontrées dans la rédaction du Livret 2 réside dans la confusion entre la description d’une tâche et la démonstration d’une compétence.


Une candidate peut rédiger plusieurs pages sur une situation sans réellement expliquer sa démarche professionnelle.

Elle raconte ce qui s’est passé, présente les personnes présentes, détaille le déroulement des événements et décrit les actions réalisées.

Mais le lecteur ne comprend pas toujours pourquoi elle a agi de cette manière, ce qui a guidé ses décisions ou ce qu’elle a personnellement apporté.


Prenons une phrase très courante :

« J’observe les enfants afin de répondre à leurs besoins. »

Cette affirmation peut sembler pertinente. Pourtant, elle reste générale.

Quels enfants ont été observés ? Dans quel contexte ? Quels éléments ont été relevés ? Comment ces observations ont-elles été analysées ? Quelles décisions en ont découlé ?

De la même manière, écrire « Je travaille en équipe » ne suffit pas à démontrer des compétences de coopération professionnelle.

Il est nécessaire de comprendre comment la candidate participe aux échanges, partage ses observations, argumente ses propositions et contribue aux réflexions collectives.


La VAE ne consiste pas à dresser une liste de toutes les tâches réalisées au cours d’une carrière.

Elle vise à permettre au jury d’apprécier les compétences effectivement acquises, en lien avec les attendus du diplôme.

Cela suppose de rendre visible le raisonnement professionnel qui accompagne les actions.

Une candidate peut posséder une expérience importante et rencontrer des difficultés à l’expliquer.

Inversement, une situation relativement courte peut permettre une analyse particulièrement riche lorsqu’elle est précisément contextualisée.


Ce n’est pas la longueur du récit qui démontre la compétence, mais la pertinence des éléments présentés et la qualité de leur analyse.


Pourquoi est-il parfois si difficile de parler de sa propre contribution ?

Dans les métiers de la petite enfance, le travail collectif occupe une place essentielle.

Les professionnels partagent leurs observations, construisent des projets, organisent l’accueil des enfants et participent à des réflexions communes.


Cette dimension collective est indispensable au fonctionnement des établissements.

Mais elle peut aussi rendre difficile l’identification des contributions individuelles.


Lorsqu’une candidate rédige son Livret 2, elle utilise souvent spontanément le pronom « nous ». « Nous avons organisé une réunion. » , « Nous avons décidé de modifier l’aménagement. » , « Nous avons mis en place un projet. »

Ces formulations témoignent d’une réalité professionnelle, mais elles ne permettent pas toujours de comprendre la place occupée par la candidate.


A-t-elle été à l’origine de la proposition ? A-t-elle participé à son élaboration ? A-t-elle apporté des observations particulières ? A-t-elle contribué à l’évaluation ?

Il ne s’agit pas d’effacer le travail collectif pour valoriser artificiellement son rôle.

Il s’agit de distinguer ce qui relève de la réflexion commune et ce qui correspond à sa propre contribution.

Cette démarche peut être difficile pour certaines professionnelles qui ont appris à valoriser le collectif plutôt que leurs initiatives personnelles.


D’autres hésitent à parler de leurs compétences parce qu’elles craignent de paraître prétentieuses.

Elles minimisent alors leurs interventions.

« Je n’ai fait que proposer une idée. »

« J’ai simplement observé. »

« C’était normal, je ne pouvais pas laisser cette famille sans réponse. »


Pourtant, reconnaître ses compétences ne signifie pas se présenter comme une professionnelle parfaite.

Cela consiste à expliquer avec précision ce que l’on sait faire, ce que l’on comprend et la manière dont on exerce ses responsabilités.


Il est tout aussi important de reconnaître les limites de son intervention.


Un dossier de VAE convaincant ne cherche pas à embellir l’expérience. Il cherche à la rendre compréhensible et à démontrer les compétences réellement acquises.


L’expérience professionnelle ne suffit pas toujours à démontrer les compétences attendues d’une EJE

Il est essentiel de rappeler qu’une expérience riche ne signifie pas automatiquement que l’ensemble des compétences du DEEJE est maîtrisé.


Une auxiliaire de puériculture, une assistante maternelle ou une professionnelle exerçant dans un autre environnement peut avoir développé des compétences en lien avec celles attendues d’une éducatrice de jeunes enfants.

Mais cette correspondance doit être examinée avec rigueur.


La VAE ne repose pas uniquement sur le nombre d’années d’exercice. Elle nécessite de démontrer que les expériences présentées correspondent aux compétences du référentiel applicable.

Une professionnelle peut avoir participé à de nombreux projets sans avoir eu l’occasion de les concevoir.

Elle peut avoir assisté régulièrement à des réunions sans avoir réellement contribué à une réflexion institutionnelle.

Elle peut appliquer des protocoles professionnels sans avoir participé à leur élaboration ou à leur analyse.

Ces expériences ont une valeur, mais elles ne démontrent pas nécessairement toutes les compétences attendues.

C’est pourquoi le travail d’identification des situations doit s’accompagner d’une réflexion sur le niveau de responsabilité, l’autonomie et les initiatives réellement exercées.


Cette exigence permet également d’éviter une difficulté fréquente : choisir une situation intéressante sur le plan humain, mais insuffisamment pertinente au regard des compétences à valider.


L’objectif n’est pas de faire entrer artificiellement son expérience dans le référentiel, mais de comprendre quelles compétences elle permet effectivement de démontrer.


Apprendre à regarder autrement son expérience professionnelle

Pour commencer à identifier ses compétences, il peut être utile de modifier la manière dont on observe son quotidien.

Au lieu de rechercher immédiatement une situation exceptionnelle, il est possible de s’intéresser aux moments qui ont nécessité une réflexion, une adaptation ou une prise d’initiative.
  • Une situation dans laquelle un enfant a manifesté un besoin particulier.

  • Un échange avec une famille qui a conduit à revoir certaines pratiques.

  • Une observation qui a modifié la compréhension d’un comportement.

  • Une proposition formulée lors d’une réunion.

  • Une organisation qui a été ajustée pour mieux répondre aux besoins des enfants.

  • Un désaccord professionnel qui a nécessité de prendre du recul et d’argumenter son positionnement.


Ces expériences peuvent constituer des points de départ intéressants.

Mais elles ne doivent pas être sélectionnées uniquement parce qu’elles ont marqué la professionnelle.

Il est nécessaire de s’interroger sur ce qu’elles permettent réellement de démontrer.

Une situation peut être émotionnellement importante sans être suffisamment riche pour répondre aux attendus du diplôme.

À l’inverse, une expérience considérée comme banale peut permettre de mettre en évidence plusieurs dimensions de la pratique professionnelle.

L’enjeu consiste donc à apprendre à porter un regard analytique sur son parcours.

Cette démarche demande du temps, car elle suppose de revenir sur des expériences parfois anciennes, de retrouver les éléments de contexte et de distinguer les faits des interprétations.


Elle nécessite également de dépasser certaines formulations générales pour identifier des actions précises et des raisonnements professionnels.


Le regard extérieur : un levier pour identifier ce que l’on ne voit plus

Lors de nos accompagnements VAE DEEJE, nous constatons régulièrement un décalage entre la manière dont les candidates présentent leurs expériences et ce que ces expériences peuvent réellement révéler.


Une candidate nous explique parfois qu’elle n’a fait qu’accompagner un enfant pendant une période difficile.

En échangeant avec elle, nous découvrons qu’elle a réalisé des observations, partagé ses interrogations avec l’équipe, recherché des informations et participé à plusieurs ajustements de l’accompagnement.

Une autre nous explique qu’elle n’a jamais construit de projet.


Pourtant, elle évoque une réflexion menée autour de l’aménagement d’un espace, à partir de besoins observés chez les enfants.

Ce qui semblait initialement peu important peut alors devenir une piste de travail.


Mais notre rôle ne consiste pas à considérer automatiquement que chaque expérience démontre une compétence.

Nous devons aussi aider les candidates à identifier les limites de certaines situations, à distinguer les compétences réellement mobilisées de celles qui ne sont pas démontrées et à sélectionner les expériences les plus pertinentes.

Ce travail nécessite une méthodologie, une connaissance du référentiel et une capacité à questionner les pratiques professionnelles.

Il implique également une posture d’accompagnement qui laisse à la candidate toute sa place dans l’analyse de son parcours.

Car l’objectif n’est pas de rédiger à sa place ou de construire un discours artificiel.

Il est de l’aider à comprendre son expérience, à identifier ses compétences et à développer sa capacité à les expliciter.

Au Cabinet Pédagogique Virtuel International, nous accordons une attention particulière à cette étape, car elle conditionne souvent la suite du travail de rédaction.*


Une candidate qui comprend ce qu’elle souhaite démontrer peut progressivement construire un écrit plus précis, plus cohérent et davantage centré sur sa démarche professionnelle


À l’inverse, lorsqu’elle commence à rédiger sans avoir suffisamment identifié les compétences mobilisées, elle risque de multiplier les descriptions sans parvenir à faire apparaître les éléments attendus.


Avant de chercher à bien raconter une situation, il faut comprendre pourquoi elle mérite d’être présentée et ce qu’elle permet réellement de démontrer.


Et si vous changiez simplement de question ?

Lorsque vous préparez votre Livret 2, vous pouvez être tentée de vous demander :

« Quelle situation pourrait impressionner le jury ? »

Cette question risque de vous orienter vers la recherche d’événements exceptionnels, au détriment d’expériences parfois plus représentatives de vos compétences.


Il peut être plus pertinent de vous interroger sur les situations dans lesquelles vous avez dû observer, comprendre, réfléchir, coopérer, proposer ou adapter votre intervention.


Pourquoi avez-vous agi de cette manière ?

Quels besoins aviez-vous identifiés ?

Quelles connaissances ont orienté votre réflexion ?

Quelle place avez-vous occupée dans la situation ?

Comment avez-vous pris en compte les enfants, leurs familles et votre environnement professionnel ?

Quels enseignements avez-vous tirés de cette expérience ?


Ces questions permettent de dépasser progressivement le simple récit des événements.

Elles ouvrent la voie à une analyse de la pratique, indispensable pour rendre visibles les compétences acquises.

Et cette démarche présente un intérêt qui dépasse la seule obtention du diplôme.


Prendre le temps d’analyser son expérience permet aussi de mieux comprendre son évolution professionnelle, d’identifier ses points d’appui et de repérer les domaines dans lesquels il reste nécessaire de développer ses compétences.

La VAE peut ainsi devenir une occasion de porter un regard nouveau sur son parcours et sur sa manière d’exercer.


Conclusion : vos compétences ne sont pas toujours là où vous les cherchez

Une séparation difficile, un échange avec une famille, un aménagement repensé, une observation ou une réflexion d’équipe peuvent sembler ordinaires.


Pourtant, ces expériences peuvent révéler des compétences professionnelles importantes lorsqu’elles sont suffisamment contextualisées et analysées.

Il ne s’agit pas de transformer chaque geste du quotidien en compétence exceptionnelle.

Il s’agit de comprendre ce que certaines situations révèlent réellement de vos connaissances, de votre raisonnement, de votre autonomie et de votre posture professionnelle.


La difficulté rencontrée par de nombreuses candidates ne réside donc pas uniquement dans le choix des situations.

Elle se trouve aussi dans la capacité à prendre du recul sur une expérience devenue familière, à identifier sa contribution personnelle et à expliquer les décisions qui ont orienté son intervention.


Vous n’avez peut-être pas besoin de vivre davantage de situations professionnelles pour commencer votre VAE. Vous avez peut-être d’abord besoin d’apprendre à regarder autrement celles que vous avez déjà vécues.


Alors, la prochaine fois que vous penserez :

« Je n’ai rien d’intéressant à raconter »,

essayez de vous poser une autre question :

« Qu’est-ce que mon quotidien professionnel révèle de ce que je sais réellement faire ? »

C’est peut-être à partir de cette réflexion que vous commencerez à identifier les expériences les plus pertinentes pour votre dossier.



Vous préparez votre VAE DEEJE et vous ne savez pas quelles situations choisir ?

Vous avez plusieurs années d’expérience dans la petite enfance, mais vous avez du mal à identifier les compétences à valoriser dans votre Livret 2 ?

Vous hésitez entre plusieurs situations professionnelles ou

vous avez l’impression que vos écrits restent trop descriptifs ?

Au Cabinet Pédagogique Virtuel International (CPVi), nous accompagnons les candidates dans l’identification de leurs expériences, l’analyse de leurs compétences et la construction de leur dossier de validation.

Notre accompagnement repose sur une méthodologie adaptée à votre parcours, à vos besoins et au référentiel du diplôme correspondant à votre démarche.

Notre objectif est de vous aider à développer votre capacité à analyser votre pratique professionnelle et à rendre visibles les compétences que vous avez réellement acquises.

Votre expérience mérite d’être examinée avec attention. Encore faut-il apprendre à la rendre visible.


 
 
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