top of page

Nouveau DEEJE 2026 : décortiquons le Bloc de compétences 3

16 sept.
8 min de lecture

La réforme du Diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants (DEEJE) réorganise le référentiel autour de quatre blocs de compétences.


Après avoir exploré les Blocs 1 et 2, intéressons-nous au Bloc 3, consacré au territoire, au partenariat, au travail en réseau et aux politiques de cohésion sociale.


Si vous connaissez l’ancien référentiel, son contenu ne vous semblera pas totalement nouveau. Ce Bloc 3 fait en effet largement écho à l’ancien DC4 – Dynamiques interinstitutionnelles, partenariats et réseaux.


Il ne s’agit cependant pas d’un simple changement de nom : certains attendus sont reformulés, renforcés ou deviennent beaucoup plus visibles.


Autre élément important pour comprendre la réforme : le Bloc 3 est l’un des blocs communs à plusieurs diplômes d’État du travail social. Cette transversalité permet de replacer pleinement l’EJE dans le champ du travail social, tout en maintenant son expertise spécifique autour du jeune enfant et de sa famille.


Bloc 3 : de quoi parle-t-on ?

Le Bloc 3 s’intitule « S’inscrire dans une dynamique partenariale et territoriale en lien avec la mise en œuvre des politiques de cohésion sociale ».

Derrière cet intitulé assez institutionnel se trouve finalement une question professionnelle très concrète :

comment l’EJE comprend-il l’environnement dans lequel il intervient et comment mobilise-t-il les ressources de son territoire pour répondre aux besoins des enfants et des familles ?

L’EJE n’agit jamais seul. Son intervention s’inscrit dans un environnement composé des familles, des autres professionnels, des institutions, des collectivités, des services sociaux, sanitaires et médico-sociaux, des écoles, des associations ou encore des dispositifs de soutien à la parentalité et d’accompagnement du handicap.

L’enjeu du Bloc 3 est donc de montrer que l’EJE sait comprendre cet environnement, identifier ses ressources, analyser les besoins du territoire, y prendre sa place et construire des coopérations pertinentes.


Les 4 compétences du BC3

Le BC3 regroupe quatre compétences complémentaires qui montrent comment l’EJE inscrit son action professionnelle au-delà de sa structure.


  1. veille et l’information professionnelle : rechercher des informations fiables, les vérifier, les analyser, actualiser ses connaissances et les partager avec les professionnels concernés.

  2. territoire et le diagnostic partagé. L’EJE observe les besoins des enfants et des familles, repère les ressources existantes, croise les informations recueillies et participe à la construction de réponses adaptées au territoire.

  3. partenariat et le travail en réseau. L’EJE identifie les différents acteurs, comprend leurs missions, développe des collaborations et coordonne les actions afin de favoriser la continuité de l’accompagnement.

transition écologique et les enjeux environnementaux. L’EJE questionne l’impact des pratiques, sensibilise les différents acteurs et participe à l’évolution des projets vers des pratiques plus responsables.


Ainsi, le BC3 développe une posture professionnelle capable de s’informer, analyser, coopérer et agir en tenant compte des réalités du territoire et des enjeux environnementaux.


Un des blocs communs à plusieurs diplômes du travail social

C’est l’une des particularités importantes du nouveau référentiel : le Bloc 3 n’est pas spécifique au DEEJE. Il constitue l’un des blocs communs à plusieurs diplômes d’État du travail social réformés en 2025.

On le retrouve notamment dans les référentiels du Diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants (DEEJE), du Diplôme d’État d’Éducateur Spécialisé (DEES), du Diplôme d’État d’Assistant de Service Social (DEASS), du Diplôme d’État d’Éducateur Technique Spécialisé (DEETS) et du Diplôme d’État de Conseiller en Économie Sociale Familiale (DECESF).


Ces professionnels ont des champs d’expertise et des publics différents, mais ils partagent des compétences transversales propres au travail social : comprendre les politiques sociales, analyser leur environnement, connaître les ressources d’un territoire, travailler avec différents acteurs et contribuer à la construction de réponses adaptées aux besoins des personnes accompagnées.


Pour l’EJE, cette architecture rappelle une dimension fondamentale du métier : l’expertise du jeune enfant ne peut pas être dissociée de l’environnement familial, social, institutionnel et territorial dans lequel il grandit.

Cette logique commune se retrouve également dans les correspondances et dispenses prévues entre certains diplômes d’État du travail social par les nouveaux textes.


Et avant ? Le lien avec l’ancien DC4

Pour celles et ceux qui connaissent le référentiel DEEJE de 2018, le parallèle avec le DC4 – Dynamiques interinstitutionnelles, partenariats et réseaux est assez évident.

L’ancien DC4 était notamment organisé autour du Bloc 7 – Connaissance et analyse des contextes institutionnels et du Bloc 8 – Mobilisation des acteurs et des partenaires. L’EJE devait déjà comprendre son environnement institutionnel, connaître les politiques sociales, identifier les acteurs du territoire, mobiliser les partenaires et s’inscrire dans un travail en réseau.


Le nouveau Bloc 3 s’inscrit donc clairement dans cette continuité. Mais il va plus loin dans la formulation de certains attendus. La veille professionnelle, le diagnostic partagé sur un territoire, la mobilisation d’une expertise sectorielle et les enjeux liés à la transition écologique apparaissent désormais explicitement.


On pourrait résumer l’évolution ainsi : dans l’ancien DC4, il s’agissait notamment de comprendre son environnement institutionnel et de savoir mobiliser les acteurs et les partenaires. Avec le nouveau Bloc 3, l’EJE doit également être capable de regarder son territoire, d’en analyser les besoins et les ressources et de contribuer, avec d’autres acteurs, à la construction de réponses adaptées.


Il existe donc une véritable filiation entre l’ancien DC4 et le nouveau Bloc 3, mais le Bloc 3 n’est pas simplement le DC4 renommé.


Assurer une veille professionnelle et diffuser les informations

La première compétence du Bloc 3 concerne la veille professionnelle. Être EJE suppose de continuer à actualiser ses connaissances tout au long de sa pratique. Les politiques familiales et sociales évoluent, tout comme la réglementation, les dispositifs, les recommandations professionnelles, les recherches concernant le jeune enfant ou encore les ressources disponibles sur les territoires.


Mais faire de la veille ne consiste pas simplement à lire des textes ou à suivre l’actualité professionnelle. L’EJE doit être capable de rechercher une information, d’en vérifier la fiabilité, de la sélectionner, de l’analyser et de déterminer à qui elle doit être transmise.


Prenons l’exemple d’un nouveau dispositif concernant l’accompagnement des enfants en situation de handicap. L’EJE peut rechercher les informations nécessaires, identifier les professionnels ou organismes concernés, analyser ce que ce dispositif peut apporter aux familles accueillies puis transmettre les informations pertinentes à son équipe. La veille devient alors un véritable outil professionnel.


Mobiliser son expertise à partir d’un diagnostic partagé du territoire

Le territoire occupe une place importante dans le nouveau Bloc 3. L’EJE doit être capable de regarder au-delà des murs de sa structure.

Quels sont les besoins des enfants et des familles ? Quelles ressources existent à proximité ? Quels dispositifs sont accessibles ? Certains besoins sont-ils insuffisamment couverts ? Quels acteurs pourraient être mobilisés ?

Le référentiel parle ici de diagnostic partagé. L’EJE ne construit donc pas cette analyse seul. Il croise ses observations et son expertise avec celles des familles, des professionnels, des institutions et des différents acteurs concernés.


Imaginons par exemple qu’une structure constate que plusieurs parents expriment des difficultés similaires et recherchent des espaces de soutien à la parentalité. L’EJE peut recueillir ces besoins, croiser les observations de l’équipe, identifier les ressources existantes sur le territoire et échanger avec différents partenaires.



Cette analyse peut permettre de constater qu’une réponse manque et conduire à la construction d’un projet ou d’un partenariat.

L’EJE n’est donc plus uniquement dans une logique où il utilise les ressources existantes. Il peut aussi participer à l’identification des besoins et contribuer à faire émerger de nouvelles réponses.

Développer des partenariats et coopérer en réseau

Le partenariat est évidemment au cœur de ce bloc, comme il l’était déjà dans l’ancien DC4. Mais une distinction reste essentielle : connaître un partenaire ne signifie pas travailler en partenariat.


Écrire dans un dossier VAE que l’on travaille avec la PMI, la CAF, le CAMSP, le RPE, une école ou une association ne suffit pas à démontrer une compétence. Ce qui compte, c’est de comprendre pourquoi ce partenaire a été mobilisé, dans quel objectif, quel a été le rôle de l’EJE et ce que cette coopération a apporté à l’enfant ou à sa famille.



Par exemple,

lorsqu’un enfant présente des besoins particuliers, l’EJE peut contribuer, avec la famille, aux échanges entre la structure et différents professionnels. Son rôle peut être de transmettre des observations, de participer à des rencontres, d’adapter l’accueil ou encore de soutenir la continuité entre les différents lieux de vie de l’enfant.

Le partenariat n’est donc pas une finalité en soi. C’est un moyen de construire une réponse plus cohérente et plus adaptée.



La transition écologique entre explicitement dans les compétences

C’est probablement l’une des évolutions les plus visibles par rapport à l’ancien DC4. Les questions environnementales et la transition écologique apparaissent explicitement dans le nouveau Bloc 3.

Il ne s’agit pas simplement de proposer une activité autour du recyclage avec les enfants. La réflexion peut concerner l’aménagement des espaces, les matériaux utilisés, l’alimentation, les achats, la réduction des déchets, la consommation des ressources, les mobilités, le rapport à la nature ou plus largement l’évolution des pratiques professionnelles.


L’EJE est ainsi amené à réfléchir à la manière dont les enjeux environnementaux peuvent être intégrés aux projets et aux réponses construites avec les enfants, les familles, les équipes et les partenaires.


Alors, qu’est-ce qui change vraiment par rapport au DC4 ?

Il existe une réelle continuité entre les deux référentiels, mais le nouveau Bloc 3 élargit et précise le regard attendu de l’EJE.

On pourrait dire que l’ancien DC4 interrogeait fortement la capacité à comprendre le contexte institutionnel et à mobiliser des partenaires. Le nouveau Bloc 3 renforce une approche plus territoriale : il ne suffit plus de savoir qui sont les partenaires, il faut aussi être capable d’identifier les besoins et les ressources d’un territoire, de croiser les analyses, de mobiliser son expertise et de participer à la construction de réponses.


La posture attendue devient donc particulièrement analytique et proactive. L’EJE n’est pas uniquement celui qui connaît ou utilise les dispositifs existants : il peut contribuer à identifier ce qui manque et participer à la construction d’une réponse avec les autres acteurs.


Et en VAE DEEJE, qu’est-ce que le jury va chercher ?

Pour une candidate en VAE, le Bloc 3 ne doit surtout pas devenir un catalogue institutionnel. Décrire pendant plusieurs pages ce qu’est la CAF, la PMI, le RPE ou le CAMSP ne démontre pas, à lui seul, une compétence professionnelle.


Le jury connaît ces institutions. Ce qu’il cherche à comprendre, c’est ce que vous en faites dans votre pratique.

Il est donc beaucoup plus pertinent de partir d’une situation professionnelle réelle.

Quel besoin avez-vous identifié ? Comment l’avez-vous analysé ? Quelles informations avez-vous recherchées ? Pourquoi avez-vous sollicité tel partenaire plutôt qu’un autre ? Quel a été votre rôle dans la coopération ? Quelles informations avez-vous transmises et dans quel cadre ? Quels effets cette action a-t-elle produits ?


L’analyse doit également permettre de mettre en évidence votre positionnement professionnel.

Quelle expertise d’EJE avez-vous mobilisée ? Quelles étaient vos responsabilités ? Quelles limites avez-vous rencontrées ? Qu’auriez-vous pu faire différemment ?


C’est cette prise de recul qui permet de passer de la simple description d’un partenariat à la démonstration d’une compétence.


BC3 : retenons l’essentiel

Compétence 1 = VEILLE + INFORMATION PROFESSIONNELLE

Rechercher → vérifier → sélectionner → analyser → actualiser → transmettre → partager.


Compétence 2 = TERRITOIRE + DIAGNOSTIC PARTAGÉ

Observer → repérer les besoins → identifier les ressources → croiser les données → analyser → construire un diagnostic → proposer des réponses.


Compétence 3 = PARTENARIAT + RÉSEAU

Identifier les acteurs → comprendre leurs missions → créer du lien → coopérer → coordonner → partager les informations → assurer la continuité.


Compétence 4 = TRANSITION ÉCOLOGIQUE + ENVIRONNEMENT

Observer les pratiques → questionner leur impact → sensibiliser → adapter → réduire → favoriser des choix responsables → faire évoluer les projets.


Sources officielles

Nouveau référentiel : Arrêté du 6 octobre 2025 relatif au diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants et ses annexes – Légifrance

La VAE DEEJE, c’est mettre en lumière votre expérience, analyser votre pratique et démontrer vos compétences.

Au CPVi, nous vous accompagnons à chaque étape, avec un suivi adapté à votre parcours.


Alexia & ValentineCofondatrices du Cabinet Pédagogique Virtuel


 
 
bottom of page