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Nouveau DEEJE 2026 : décortiquons le Bloc de compétences 4

22 sept.
5 min de lecture

Après avoir exploré les Blocs de compétences 2 et 3 du nouveau référentiel du Diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants, terminons notre série avec le Bloc de compétences 4 : « S’inscrire dans un contexte professionnel du travail social ».


Ce bloc pourrait, à première lecture, sembler plus éloigné de l’accompagnement direct du jeune enfant.

Pourtant, il touche à une dimension essentielle du métier d’EJE : être un professionnel capable d’organiser son activité, de communiquer, de travailler en équipe, d’utiliser les outils professionnels et de participer à l’amélioration des pratiques.


Autrement dit, il ne suffit pas de savoir accompagner l’enfant et sa famille. L’EJE doit aussi savoir prendre sa place dans une équipe et dans une organisation.


Que dit le nouveau référentiel ?

Le Bloc de compétences 4 comporte 5 compétences :


Compétence 1 : Prévoir et organiser ses activités professionnelles

L’EJE doit être capable d’organiser son activité en tenant compte du fonctionnement de la structure, des besoins des enfants et des familles, des contraintes institutionnelles et du travail de l’équipe.

Cela suppose notamment de savoir :

  • identifier les priorités ;

  • anticiper et planifier son activité ;

  • organiser son travail ;

  • articuler son action avec celle des autres professionnels ;

  • ajuster son organisation lorsqu’une situation évolue.

Dans une structure petite enfance, cela peut paraître évident. Pourtant, organiser son activité professionnelle ne signifie pas simplement « faire son planning ».

C’est par exemple être capable de constater qu’un temps de transition met régulièrement certains enfants en difficulté, d’en parler avec l’équipe et de réfléchir à une nouvelle organisation.

L’EJE développe ainsi une autonomie professionnelle, tout en inscrivant son action dans un fonctionnement collectif.


Compétence 2 : Adapter sa manière de communiquer aux enjeux des interactions professionnelles

La communication professionnelle prend une place importante dans ce nouveau bloc.

L’EJE communique quotidiennement avec de nombreux interlocuteurs : collègues, direction, familles, partenaires, stagiaires, institutions…

Mais il ne communique pas de la même manière avec chacun.

Il doit savoir :

  • identifier l’objectif de sa communication ;

  • adapter son vocabulaire et son positionnement à son interlocuteur ;

  • transmettre une information de manière claire et pertinente ;

  • argumenter un point de vue professionnel ;

  • participer aux réunions et aux échanges professionnels ;

  • respecter le cadre professionnel et la confidentialité.

Prenons un exemple.

Dire à une collègue :

« J’ai remarqué que Léo pleure beaucoup au moment du repas. »

constitue une observation. En réunion, l’EJE pourra aller plus loin en mettant cette observation en réflexion :

« J’observe depuis plusieurs jours que Léo manifeste une forte tension au moment du repas. Est-ce que vous avez observé la même chose ? Qu’est-ce que nous pourrions ajuster dans notre accompagnement ? »

La communication devient alors un outil de réflexion collective et d’amélioration de l’accompagnement.



Compétence 3 : Appréhender et mobiliser des outils numériques en fonction des besoins et des situations rencontrées

C’est une compétence particulièrement intéressante du nouveau référentiel.

Le numérique fait désormais explicitement partie des compétences attendues de l’EJE.

Logiciel de transmissions, messagerie professionnelle, visioconférence, outils collaboratifs, recherche documentaire, création de supports, dossiers informatisés…


L’EJE doit savoir utiliser les outils numériques de manière adaptée à son activité professionnelle.

Mais la compétence ne consiste pas simplement à « savoir utiliser un ordinateur ».

Il faut aussi être capable de choisir l’outil adapté, de comprendre ses limites et de rester attentif à la confidentialité des informations et au cadre professionnel.


Par exemple,

une information concernant la situation familiale d’un enfant doit-elle être transmise dans une application accessible à toute l’équipe ? Par mail ? Lors d’une réunion ? Directement à la direction ?

L’outil numérique ne remplace jamais la réflexion professionnelle.


Compétence 4 : Agir en responsabilité et coopérer au sein d’une équipe professionnelle

Nous sommes ici au cœur de la posture professionnelle de l’EJE.


Travailler en équipe ne signifie pas uniquement bien s’entendre avec ses collègues.

Coopérer, c’est être capable de :

  • prendre sa place dans une équipe ;

  • identifier les fonctions et responsabilités de chacun ;

  • partager ses observations ;

  • confronter les points de vue ;

  • participer aux décisions collectives ;

  • soutenir une réflexion professionnelle ;

  • assumer ses propres responsabilités ;

  • contribuer à une cohérence d’équipe.

L’EJE apporte notamment son expertise du développement du jeune enfant et de l’accompagnement des familles.

Il ne s’agit cependant pas d’imposer son point de vue.


Son rôle consiste aussi à mettre en réflexion, argumenter, écouter et construire avec les autres professionnels.

Une posture particulièrement importante lorsque les pratiques ou les observations divergent.



Compétence 5 : S’investir dans une démarche qualité et d’amélioration continue des pratiques professionnelles

Cette cinquième compétence affirme clairement une évolution importante : les pratiques professionnelles ne sont jamais considérées comme définitivement acquises.

L’EJE doit être capable de les questionner.


Cela implique de :

  • observer les pratiques ;

  • prendre du recul ;

  • repérer les difficultés et les écarts ;

  • analyser les situations ;

  • participer à leur évaluation ;

  • proposer des ajustements ;

  • actualiser ses connaissances ;

  • contribuer à l’évolution des pratiques collectives.


On retrouve ici toute l’importance de la réflexivité professionnelle.

Prenons un exemple très concret.

Une équipe constate que les transmissions du soir sont longues, que plusieurs familles attendent et que les professionnelles sont régulièrement interrompues.

La démarche qualité ne consiste pas simplement à dire : « Ça ne fonctionne pas ».

Il s’agit de se demander :

Qu’observons-nous ? Pourquoi cette organisation pose-t-elle problème ? Quels sont les besoins des familles ? Ceux des enfants ? Ceux des professionnelles ? Que pouvons-nous modifier ? Comment allons-nous évaluer si cette nouvelle organisation fonctionne mieux ?

L’EJE devient alors pleinement acteur de l’évolution des pratiques professionnelles.


Ce que le BC4 nous dit finalement du métier d’EJE

Ce bloc montre quelque chose d’essentiel : l’EJE n’agit jamais seul.

Son expertise du jeune enfant s’inscrit dans une organisation, une équipe, un cadre institutionnel et des responsabilités professionnelles.


Le BC4 valorise ainsi une EJE capable :

d’anticiper → d’organiser → de communiquer → de coopérer → d’utiliser les outils professionnels → d’analyser → d’évaluer → de faire évoluer les pratiques.


Ce n’est donc pas un bloc « administratif ».


C’est un bloc qui parle de posture professionnelle et savoir communiquer avec un panel d'acteur hetérogéne.

Il interroge la manière dont l’EJE prend sa place, porte son expertise, travaille avec les autres et contribue à la qualité de l’accueil proposé aux jeunes enfants et à leurs familles.


BC4 : retenons l’essentiel

Compétence 1 = ORGANISATION + AUTONOMIE

Anticiper → prioriser → planifier → organiser → coordonner → ajuster.

Compétence 2 = COMMUNICATION PROFESSIONNELLE

Observer → transmettre → adapter → argumenter → écouter → échanger.

Compétence 3 = OUTILS NUMÉRIQUES

Identifier le besoin → choisir l’outil → utiliser → communiquer → protéger les informations → ajuster.

Compétence 4 = RESPONSABILITÉ + TRAVAIL EN ÉQUIPE

Se positionner → coopérer → partager → confronter les points de vue → participer → décider → assumer ses responsabilités.

Compétence 5 = QUALITÉ + AMÉLIORATION DES PRATIQUES

Observer → questionner → analyser → évaluer → proposer → ajuster → faire évoluer.

Avec ce quatrième bloc se dessine finalement une EJE qui ne se limite plus à intervenir directement auprès du jeune enfant : elle est aussi une professionnelle ressource au sein d’un collectif, capable d’analyser son environnement de travail et de contribuer activement à son évolution.



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Alexia & Valentine

Cabinet Pédagogique Virtuel

 
 
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