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Jean-Baptiste Frossard quitte sa fonction : un tournant pour la petite enfance

  • 30 janv.
  • 4 min de lecture


Le mardi 27 janvier 2026, Jean-Baptiste Frossard a annoncé dans un message adressé aux membres du Comité de filière petite enfance qu’il quittait ses fonctions de directeur de projet du Service public de la petite enfance (SPPE) et de secrétaire général du Comité de filière petite enfance.


Inspecteur général des affaires sociales, il avait été nommé à ces responsabilités par arrêté du Premier ministre en juin 2024, avec pour mission de structurer et piloter le développement du SPPE, une réforme ambitieuse visant à faire émerger un véritable service public de l’accueil du jeune enfant qui articule qualité d’accueil, cohérence territoriale et soutien aux professionnels.




Ce départ intervient dans un contexte de forte instabilité institutionnelle, marqué par de nombreux changements à la tête des instances en charge de la petite enfance. Il est perçu par une grande partie des acteurs du secteur comme un signal fort qui appelle à une clarification des priorités et à une continuité du pilotage national sur les enjeux éducatifs, organisationnels et de qualité.


La présidente du Comité de filière petite enfance, Élisabeth Laithier, a tenu à rassurer les acteurs en soulignant que le comité n’était pas remis en cause et que les travaux allaient se poursuivre, avec une attention particulière portée à la nomination d’un nouveau secrétaire général pleinement dédié à ses missions.


Une expertise portée au devant du public : l’intervention d’Alexia

En 2023, dans un contexte où les constats du secteur peinaient encore à trouver un écho clair auprès du grand public et des décideurs, Alexia, cofondatrice du Cabinet Pédagogique Virtuel, a été invitée sur le plateau de Télématin pour expliquer, avec Jean-Baptiste Frossard à ses côtés, le contenu du rapport de l’IGAS sur la qualité de l’accueil et la prévention de la maltraitance dans les crèches.


L’intervention d’Alexia n’était pas une simple reprise du rapport, elle visait à mettre en mots des réalités professionnelles difficiles, à les relier à des enjeux institutionnels larges, et à rendre accessibles des analyses parfois techniques. Cet échange a contribué à faire émerger des questions essentielles sur l’accueil du jeune enfant, la prévention des risques, la qualité éducative et les conditions de travail des professionnels.



Le rapport de l’IGAS : un diagnostic approfondi pour un secteur en tension

Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) publié en 2023 était une réponse à des inquiétudes fortes exprimées par les familles, les professionnels et les institutions après plusieurs situations tragiques et des constats répétés de dysfonctionnements.


Ce rapport n’est pas un texte réglementaire, mais un document d’analyse qui repose sur des enquêtes de terrain, des auditions et des données exhaustives. Il met en lumière des disparités importantes dans la qualité d’accueil, des tensions liées aux conditions de travail, des formations encore insuffisantes face aux exigences éducatives, et des processus d’évaluation parfois trop administratifs, sans véritable ancrage dans la réalité des pratiques.


L’IGAS ne se contente pas d’identifier des problèmes, elle propose aussi des recommandations structurantes pour renforcer la qualité d’accueil et structurer la politique publique autour d’objectifs clairs, centrés sur le bien-être et le développement de l’enfant.


De 2023 à aujourd’hui : une transformation progressive

Depuis la publication du rapport IGAS, le paysage institutionnel de la petite enfance a évolué. La création du Service public de la petite enfance (SPPE) visait à structurer de manière cohérente les différents modes d’accueil, à favoriser une approche plus intégrée et territorialisée, ainsi qu’à renforcer l’accompagnement méthodologique des acteurs du secteur.


Les recommandations du rapport ont également inspiré des évolutions réglementaires, dont l’une des plus structurantes est le décret du 1ᵉʳ avril 2025, qui a rendu obligatoire la mise en place d’un projet d’évaluation de la qualité d’accueil comme volet du projet d’établissement. Ce décret traduit une volonté claire de dépasser le simple déclaratif pour instaurer une démarche d’amélioration continue des pratiques, fondée sur des critères objectifs et des retours d’expérience concrets.


Cette mutation réglementaire s’inscrit dans la logique du rapport IGAS, qui plaçait justement la qualité éducative et l’évaluation des pratiques au cœur de l’action publique, en offrant des repères clairs aux professionnels et en structurant leurs démarches au quotidien.


Pourquoi ces textes comptent pour les professionnels et la VAE

Pour les professionnels de la petite enfance, et en particulier pour les candidats à la VAE DEEJE, comprendre le rapport IGAS, le contexte institutionnel qu’il a nourri et les évolutions réglementaires qui en découlent, est aujourd’hui indispensable.


Ce corpus de textes et d’analyses permet de lire sa pratique professionnelle à l’aune des attentes institutionnelles actuelles, d’ancrer ses descriptions d’activité dans des enjeux plus larges, et d’argumenter une posture réflexive et stratégique qui dépasse la simple description des tâches.


Dans un dossier de VAE, il ne s’agit plus seulement de raconter « ce que l’on fait », mais de montrer que l’on comprend le cadre dans lequel on agit, que l’on sait l’analyser, le situer, et recommander des pratiques éclairées par une connaissance fine du secteur.


Une actualité qui invite à regarder vers l’avenir

Le départ de Jean-Baptiste Frossard le 27 janvier 2026 est plus qu’une simple actualité institutionnelle. Il illustre les tensions et les défis d’un secteur en pleine transformation, face à des attentes sociales fortes, des exigences de qualité croissantes, et des besoins d’accompagnement durable des professionnels.


Ce moment peut être l’occasion de relire les avancées réalisées depuis 2023, de réfléchir à ce qui reste à construire, et de placer au centre du débat public les enjeux éducatifs et humains de l’accueil du jeune enfant. Pour les professionnels et les candidates ou candidats à la VAE, c’est le moment de continuer à penser, comprendre et construire une petite enfance qui soit à la fois exigeante et bienveillante, fondée sur des pratiques éclairées, réévaluées et portées par une vision collective.

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