Nouveau DEEJE 2026 : décortiquons le Bloc de compétences 1
Dernière mise à jour : 22 sept.

Comment comprendre le BC1 : les activités, les compétences et les indicateurs ?
Avec le nouveau référentiel du Diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants, les compétences sont désormais organisées en 4 blocs de compétences.
Mais lorsqu’on découvre ce nouveau référentiel, plusieurs termes apparaissent : activités, compétences, indicateurs…
Alors, comment s’y retrouver ? Et surtout, comment utiliser ce référentiel lorsque l’on prépare une VAE DEEJE ?
Pour commencer cette série consacrée au nouveau DEEJE, nous allons décortiquer ensemble le Bloc de compétences 1 – BC1.
Le BC1, c’est quoi ?
Son intitulé est :
« Concevoir et conduire un accompagnement socio-éducatif dans l’intérêt des jeunes enfants et de leur famille »
Pour comprendre son organisation, on peut le lire très simplement :
2 activités, 3 compétences et des indicateurs
Mais à quoi correspondent ces trois niveaux ?
Les activités = que fait l’EJE ?
Elles présentent les grands domaines d’activité professionnelle concernés par le bloc.
Les compétences = que doit-il savoir faire ?
Elles définissent les capacités professionnelles attendues.
Les indicateurs = comment cela se voit concrètement ?
Ils permettent de préciser ce qui est attendu pour chaque compétence et donnent des repères pour identifier comment celle-ci se traduit dans la pratique professionnelle.
Pour une VAE, cette organisation est particulièrement importante : les indicateurs vont vous aider à repérer, dans votre propre expérience, les situations qui permettent de démontrer vos compétences.
Étape 1 — Les activités : que fait l’EJE ?
Le BC1 comporte deux grandes activités.
Activité 1
Développer les potentialités des enfants accueillis par l’animation du quotidien et l’accompagnement des familles.
Nous sommes ici au cœur de l’accompagnement du jeune enfant : son développement, son quotidien, ses potentialités et la place de sa famille.
Activité 2
Contribuer à l’élaboration et à la mise en œuvre du projet d’établissement ou de service référé à la Charte nationale pour l’accueil du jeune enfant.
Cette deuxième activité élargit le regard.
L’EJE n’intervient pas uniquement directement auprès des enfants et de leurs familles. Il contribue également au projet de l’établissement ou du service.
Le BC1 réunit donc déjà deux dimensions : l’accompagnement éducatif du jeune enfant et de sa famille + le projet de la structure.
Étape 2 — Les compétences : que doit savoir faire l’EJE ?
Deux compétences sont ensuite associées au BC1.

Compétence 1 — Concevoir l’action éducative
Le référentiel demande de savoir :
« Concevoir l’action éducative adaptée aux besoins, capacités et choix du jeune enfant dans des espaces sécurisants et contenants. »
Il ne s’agit donc pas simplement de savoir faire une activité avec des enfants.
Concevoir une action éducative suppose de partir de l’enfant :
Qu’est-ce que j’observe ? Quels sont ses besoins ? Quelles sont ses capacités ? Quel est son niveau d’autonomie ? Quel est son rythme ? Quels choix peut-il faire ?
C’est à partir de ces éléments que l’EJE construit son action.
La famille occupe également une place importante. L’EJE prend en compte les informations transmises par les parents sur les habitudes, le rythme, les besoins et les particularités de leur enfant. Cette coopération contribue à la continuité éducative et permet d’adapter l’accompagnement, notamment lors de la familiarisation, des séparations ou des évolutions observées chez l’enfant.
Les indicateurs : comment cela se voit concrètement ?
Pour démontrer cette première compétence, on retrouve notamment la capacité à :
identifier les besoins, les capacités et le degré d’autonomie du jeune enfant ;
observer ses progrès ;
répondre à ses besoins de sécurité physique, psychique et affective ;
respecter son rythme ;
adapter les modalités relationnelles et pédagogiques ;
veiller à la qualité des liens d’attachement dès la familiarisation ;
saisir les situations du quotidien pour développer ses potentialités ;
mobiliser les principes de la pédagogie du jeu ;
favoriser la créativité, l’imaginaire et les expériences artistiques, culturelles, sensorielles et motrices ;
favoriser le contact avec la nature ;
soutenir les interactions au sein du groupe ;
aménager un environnement favorisant l’exploration, l’expérimentation, les apprentissages, l’imagination et le jeu.
Autrement dit, les indicateurs permettent de passer d’une compétence assez générale à des éléments beaucoup plus concrets de la pratique professionnelle.
Un exemple concret en VAE
Prenons une candidate qui souhaite présenter une situation autour de l’aménagement de l’espace.
Écrire :
« J’ai réaménagé l’espace de jeu de la section. »
ne suffit pas à démontrer la compétence.
Elle devra plutôt montrer son raisonnement :
Qu’ai-je observé chez les enfants ?Quels besoins ou capacités ai-je identifiés ?Pourquoi l’ancien aménagement ne me semblait-il plus adapté ?Quels objectifs éducatifs ai-je définis ?Comment ai-je pensé la sécurité physique et affective ?Comment ai-je favorisé le jeu, l’autonomie et l’exploration ?Qu’ai-je observé après le changement ?Quels ajustements ai-je réalisés ?
On ne voit alors plus uniquement ce que la professionnelle a fait. On comprend pourquoi elle l’a fait, comment elle a construit son action et comment elle l’a réajustée.
Le jeu prend une vraie place dans le BC1
Le référentiel cite explicitement la pédagogie du jeu.
L’EJE doit pouvoir la mobiliser pour concevoir des médiations éducatives favorisant notamment la créativité, l’imaginaire, les expériences artistiques et culturelles, les expériences sensorielles et motrices ou encore le contact avec la nature.
C’est un point important.
L’action éducative ne se résume donc pas à proposer des activités dirigées. Le jeu, le quotidien, l’environnement et les possibilités d’exploration font pleinement partie de l’accompagnement éducatif.
La sécurité affective et l’attachement sont clairement identifiés
Autre élément fort : le référentiel ne parle pas seulement de sécurité physique.
Il demande également de répondre aux besoins de sécurité psychique et affective du jeune enfant, dans le respect de son rythme.
Il demande aussi de veiller à la qualité et au développement des liens d’attachement, dès la familiarisation et tout au long de l’accompagnement éducatif.
Pour une candidate en VAE, cela ouvre la possibilité de présenter des situations très concrètes : une familiarisation, une séparation difficile, la mise en place de repères, l'accompagnement d'une transition ou encore une réflexion autour de la continuité éducative.
Compétence 2 — Prévention et accompagnement de la parentalité
C’est la compétence qu’il ne faut surtout pas oublier dans le nouveau BC1 :
« Concevoir et mettre en œuvre des actions de prévention en direction du jeune enfant et d’accompagnement de la parentalité. »
Cette compétence montre clairement que l’EJE ne travaille pas uniquement avec l’enfant, mais également avec sa famille.
Il doit être capable de repérer des besoins ou des difficultés, d’inscrire son intervention dans une démarche de prévention et de construire un accompagnement adapté avec les parents.
L’objectif n’est pas de dire aux parents comment ils doivent faire, mais de reconnaître leurs compétences, soutenir leur place et construire avec eux des réponses adaptées aux besoins de leur enfant.
Les indicateurs : qu’est-ce que cela signifie dans la pratique ?
Cette compétence peut notamment se retrouver lorsque l’EJE :
observe et repère les besoins de l’enfant et de sa famille ;
identifie des facteurs pouvant avoir un impact sur son développement ou son bien-être ;
met en œuvre une démarche de prévention ;
instaure une relation de confiance avec les parents ;
prend en compte leurs observations et leurs connaissances de leur enfant ;
valorise leurs compétences parentales ;
favorise leur participation ;
adapte son accompagnement aux besoins et à la singularité de chaque famille ;
mobilise, lorsque cela est nécessaire, les ressources de l’équipe ou les partenaires adaptés.
En VAE, quelles situations peuvent illustrer cette compétence ?
Une candidate pourrait par exemple présenter :
une action autour du sommeil → une situation d’accompagnement d'une famille lors d'une séparation difficile → un projet autour de l’alimentation → une action de prévention des écrans → l’accompagnement de parents face à des comportements qui les interrogent → un café des parents → un temps d’échange autour du développement de l’enfant.
Mais là encore, raconter l’action ne suffit pas.
Il faudra montrer :
Qu’ai-je repéré ? Comment ? Qu’ont exprimé les parents ? Comment ai-je créé les conditions du dialogue ? Qu’ai-je proposé ? Pourquoi ? Quelles ressources ai-je mobilisées ? Quelle place ai-je laissée aux parents ? Quels effets ai-je observés ?
Compétence 3 — Coordonner et animer le projet
La troisième compétence du BC1 est :
« Coordonner et animer le projet d’accueil, éducatif et social et de développement durable. »
Ici, nous ne sommes plus uniquement dans l’accompagnement direct du jeune enfant ou de sa famille.
Cette compétence concerne davantage le projet, l’équipe, les familles et l’organisation de la structure.
Les indicateurs permettent notamment de montrer sa capacité à :
participer à la définition, à la mise en œuvre et à l’évaluation des projets ;
créer les conditions de participation de l’équipe et des familles ;
appliquer et veiller au respect de la réglementation concernant l’hygiène, la sécurité, les conditions de travail et la prévention des risques professionnels ;
inscrire les projets dans un cadre réglementaire et financier ;
animer l’équipe dans leur mise en œuvre et leur coordination ;
mobiliser les compétences de l’équipe et contribuer à leur développement ;
organiser la continuité éducative en coordonnant l’activité de l’équipe.
Cette troisième compétence montre clairement que le BC1 possède également une dimension de projet et de coordination.
Une situation VAE peut donc partir d’un projet très concret : réaménagement d’un espace, mise en place d’un projet pédagogique, évolution de la familiarisation, projet autour de la nature, création d’un temps parents-enfants, modification d’une pratique d’équipe…
L’important sera de montrer comment la candidate a participé à sa conception, mobilisé l’équipe et les familles, coordonné sa mise en œuvre puis évalué le projet.

Comment utiliser les indicateurs pour sa VAE ?
C’est probablement la question essentielle.
Les indicateurs ne sont pas une liste à recopier dans votre dossier.
Ils peuvent être utilisés comme une grille de lecture de votre expérience professionnelle.
La logique peut être très simple :
1. Je regarde la compétence
Qu’est-ce que je dois démontrer ?
↓
2. Je lis les indicateurs
Concrètement, qu’est-ce que cela signifie dans la pratique ?
↓
3. Je regarde mon expérience
Dans quelles situations ai-je réellement mobilisé cette compétence ?
↓
4. Je choisis une situation pertinente
Une situation suffisamment riche peut permettre de rendre visibles plusieurs indicateurs.
↓
5. J’analyse ma pratique
Qu’ai-je observé ? Pourquoi ai-je fait ces choix ? Comment ai-je agi ? Quels ont été les effets ? Comment ai-je évalué et réajusté mon action ?
Un indicateur = une situation ?
Non.
C’est un point important pour ne pas se perdre dans la construction de son dossier.
Il ne s’agit pas nécessairement de trouver une situation professionnelle pour chaque indicateur.
Une même situation peut permettre de démontrer plusieurs éléments de la compétence.
Prenons par exemple un projet de réaménagement d’un espace de jeu.
Cette situation pourrait permettre de montrer :
l’observation des enfants → l’identification de leurs besoins → la prise en compte de leur sécurité → la pédagogie du jeu → l’aménagement de l’environnement → la participation de l’équipe → la coordination du projet → son évaluation.
C’est donc l'observation et l’analyse de la situation qui vont être importantes.
BC1 : retenir l’essentiel |
On peut finalement résumer les deux compétences du Bloc 1 ainsi : Compétence 1 = ACTION ÉDUCATIVEObserver → identifier les besoins → sécuriser → respecter le rythme et les choix → favoriser le jeu → soutenir l’autonomie → aménager l’environnement. Compétence 2 = PRÉVENTION + PARENTALITÉRepérer → prévenir → écouter → créer une relation de confiance → reconnaître les compétences parentales → accompagner → construire des réponses adaptées. Compétence 3 = PROJET + COORDINATIONConstruire → associer l’équipe et les familles → coordonner → animer → respecter le cadre réglementaire → assurer la continuité éducative → évaluer → réajuster. Et pour la VAE DEEJE ?La question à se poser n’est donc pas uniquement : « Quelle situation vais-je raconter ? » Mais plutôt : « Quelle situation de mon expérience me permet de montrer cette compétence ? »Puis les indicateurs vont vous aider à vérifier ce que votre situation permet réellement de démontrer. C’est là toute la différence entre raconter une expérience professionnelle et démontrer une compétence à partir de son expérience. |

Prochain article : Nouveau DEEJE 2026 — Décortiquons ensemble le Bloc de compétences 2.
Un vidéo explicative arrive bientôt !
Alexia & Valentine, EJE passionnées
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