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Stéphanie Rist à la tête du super-portefeuille Social : la petite enfance entre ambitions et incertitudes


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Un nouveau départ : Stéphanie Rist à la Santé, aux Familles et à l’Autonomie

Le gouvernement Lecornu II dévoilé le 12 octobre 2025 instaure une nouvelle configuration politique. Parmi les nominations les plus scrutées : Stéphanie Rist, médecin de formation et députée du Loiret, est nommée ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées.







Parcours et légitimité

  • Stéphanie Rist est rhumatologue de formation, ce qui lui confère une légitimité dans le domaine de la santé.

  • Elle a notamment été rapporteur général de la commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale de 2022 à 2024.

  • Sa nomination vient succéder à celle de Catherine Vautrin dans ce large portefeuille social.


Cette double compétence politique et médicale, pourrait jouer en sa faveur dans un contexte où les enjeux sanitaires et sociaux sont fortement imbriqués.


Portefeuille étendu : opportunité ou risque ?

En lui confiant à la fois la santé, les familles, l’autonomie et le handicap, l’exécutif cherche à créer une cohérence dans les politiques sociales. Elle sera épaulée par une ministre déléguée : Charlotte Parmentier-Lecoq, chargée de l’autonomie et des personnes handicapées.

Mais ce regroupement de responsabilités pose deux défis immédiats :

  1. La dilution des priorités : avec un portefeuille aussi large, certains dossiers – financement hospitalier, politiques de prévention, suivi des personnes âgées, soutien aux proches aidants – risquent d’écraser ou de reléguer les questions de la petite enfance.

  2. La visibilité politique : pour que les acteurs de terrain, les associations, les parents sachent à qui s’adresser pour la petite enfance, il faudra que le ministère rende explicite ses orientations et ses interlocuteurs dédiés.


Petite enfance : l’inconnue du remaniement


Absence d’un ministre dédié

L’un des points saillants dans les réactions du secteur : aucune nomination explicite pour l’enfance ou la petite enfance n’a été faite. Stéphanie Rist hérite du dossier mais n’est pas spécialisée dans ce champ, selon certaines analyses.

Les Pros de la Petite Enfance.fr soulignent qu’elle « ne s’est pas vraiment intéressée » à ce sujet auparavant.

Le rôle de la ministre déléguée

Charlotte Parmentier-Lecoq assure la responsabilité de l’autonomie et du handicap, mais n’a pas la délégation formelle pour l’enfance.

Ce vide pose une question structurante : qui portera politiquement les enjeux de la petite enfance, micro-crèches, assistants maternels, politiques familiales dans les arbitrages ?

Héritage institutionnel : le haut-commissariat à l’enfance

Avant ce remaniement, la fonction de haut-commissaire à l’enfance, occupée par Sarah El Haïry, avait été mise en place pour coordonner les politiques de l’enfance. Le Monde.fr

Mais ce rôle, conçu comme transversal, dépendait souvent d’un rattachement aux ministères sociaux. Avec l’arrivée de Rist au nouveau portefeuille social, la pertinence et l’usage de ce haut-commissariat méritent d’être réexaminés.


Trois défis prioritaires pour la petite enfance

Voici, à mon sens, les enjeux que le nouveau gouvernement doit assumer rapidement pour ne pas laisser la petite enfance en marge :

Enjeu

Ce qu’il faut surveiller / proposer

Accès universel aux modes de garde

Augmenter le nombre de places, surtout en zones rurales ou défavorisées ; adapter les tarifs aux ressources des familles

Qualité et sécurité

Renforcer les inspections, encadrer les micro-crèches, garantir une formation minimale des professionnels

Équité territoriale

Assurer que les communes et départements puissent créer des structures à coût maîtrisé, sans freins administratifs trop lourds

Liens santé / petite enfance

Intégrer les protocoles de suivi sanitaire (suivi pédiatrique, vaccination, dépistage précoce) dans les structures d’accueil

Professionnalisation & reconnaissance

Mieux rémunérer et former les assistants maternels, reconnaître leur rôle éducatif et garantir des conditions de travail

Ces orientations doivent être inscrites dans les prochains textes (Projet de loi de finances, loi de finances de la Sécurité sociale, textes de cohésion sociale) pour sortir du flou.


Risques et opportunités


Risques

  • Manque de priorité politique : si la petite enfance n’est pas perçue comme un enjeu stratégique, ses budgets et ses réformes risquent de reculer.

  • Complexité administrative : dans un portefeuille très large, les décisions peuvent être ralenties par les arbitrages internes.

  • Attentes non satisfaites : les acteurs du secteur (associations, élus locaux, professionnels) demanderont des premiers actes concrets : engagements financiers, feuilles de route, interlocuteurs identifiés.

Opportunités

  • Coordination santé / famille : regrouper ces dossiers pourrait favoriser une approche intégrée (prévention, développement de l’enfant, soutien familial).

  • Visibilité accrue : un ministre central peut porter la petite enfance au cœur du débat politique national.

  • Réformes structurelles : c’est l’occasion de repenser les modèles de gouvernance de la petite enfance (rôle des collectivités, subventions, agréments).


Scénarios à suivre dans les prochaines semaines

  1. Annonce d’un plan d’action petite enfance : Pour créer de la confiance, le gouvernement pourrait publier une feuille de route à court terme (0–2 ans) avec des mesures phares : création de places, revalorisation, contrôle qualité.

  2. Désignation d’un ou plusieurs référents ministériels : Un ministre délégué “Enfance, petite enfance, parentalité” ou un poste de “secrétaire d’État à l’enfance” pourrait être créé ou annoncé pour compléter l’architecture.

  3. Arbitrages budgétaires publics : Le PLF et le budget de la Sécurité sociale seront cruciaux pour dégager des ressources nouvelles : le secteur attend des annonces fortes.

  4. Mobilisation des collectivités territoriales : Les départements, communes et intercommunalités auront un rôle central dans la mise en œuvre locale. Le gouvernement devra clarifier leurs responsabilités et aides.

 
 
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