Le 4ᵉ volet du projet d’établissement : évaluer la qualité d’accueil pour vraiment progresser
- 28 janv.
- 3 min de lecture

Alexia, EJE et cofondatrice du CPVi, nous partage ses ressenties :
Dans le cadre de mes accompagnements en VAE EJE et auprès de référents techniques, je fais toujours le même constat : le 4ᵉ volet du projet d’établissement, consacré à l’évaluation de la qualité d’accueil, est encore mal identifié, mal compris, voire inexistant dans de nombreuses structures.
Pour objectiver ces constats de terrain, j’ai mené une veille professionnelle sur les outils existants. Et certains acteurs, comme la CAF de Meurthe-et-Moselle, ont déjà produit des documents très structurants, notamment un projet d’évaluation de la qualité d’accueil publié en décembre 2025, qui permet de comprendre concrètement les attendus de ce volet.
1. Un nouveau volet… mais pas une idée nouvelle
Depuis le 1ᵉʳ avril 2025, le projet d’établissement des EAJE doit intégrer un projet d’évaluation de la qualité d’accueil, en complément des volets déjà existants.
Sur le fond, l’idée n’est pas nouvelle. Les professionnelles de la petite enfance évaluent déjà :
leurs pratiques,
leur organisation,
leur relation aux familles,
la qualité des interactions avec les enfants.
Ce qui change, c’est que cette démarche doit désormais être formalisée, structurée et inscrite dans le projet d’établissement.
2. Ce que recouvre réellement la “qualité d’accueil”
La qualité d’accueil ne se limite pas à des normes d’hygiène ou de sécurité. Elle englobe notamment :
le bien-être physique et émotionnel de l’enfant,
la qualité des interactions adultes enfants,
le respect des rythmes et besoins individuels,
l’aménagement des espaces,
la relation aux familles,
la dynamique d’équipe et les temps de réflexion professionnelle.
Évaluer la qualité d’accueil, c’est donc interroger le quotidien réel, pas uniquement ce qui est écrit dans les projets.
3. Ce que j’observe sur le terrain
Dans la réalité des structures que j’accompagne :
beaucoup d’équipes ne savent pas ce qui est attendu dans ce 4ᵉ volet ;
certaines le confondent avec le projet pédagogique ;
d’autres produisent un document très théorique, sans lien avec les pratiques.
Résultat : un volet souvent perçu comme une contrainte administrative supplémentaire, alors qu’il peut devenir un véritable outil de pilotage et d’amélioration continue.
4. Comment élaborer concrètement ce projet d’évaluation ?
4.1 S’appuyer sur des outils existants
La CAF de Meurthe-et-Moselle a publié en décembre 2025 un projet d’évaluation de la qualité d’accueil pour les EAJE, accompagné de grilles d’auto-évaluation très opérationnelles.
Ce document propose notamment :
des axes d’évaluation clairs (accueil de l’enfant, environnement, relation aux familles, pratiques professionnelles, sécurité et bientraitance),
des indicateurs gradués,
des espaces d’analyse et de pistes d’amélioration concrètes.
C’est un excellent point d’appui pour comprendre ce qui est attendu et éviter de rester dans des généralités.
4.2 Connaître les référentiels nationaux
Un projet d’évaluation solide s’appuie sur :
la Charte nationale pour l’accueil du jeune enfant,
le Référentiel national de la qualité d’accueil du jeune enfant,
les textes réglementaires encadrant les EAJE.
Ces documents permettent de définir des repères communs et de donner un cadre à l’analyse des pratiques.
4.3 Définir des indicateurs simples et observables
Évaluer ne veut pas dire complexifier. Il s’agit de choisir des indicateurs :
observables dans le quotidien,
compréhensibles par toute l’équipe,
reliés aux pratiques réelles.
Par exemple :
disponibilité des adultes auprès des enfants,
qualité de l’accueil du matin et du départ,
organisation des temps clés,
place du jeu libre,
communication avec les familles.
4.4 Impliquer l’équipe dans la démarche
Un projet d’évaluation ne peut pas être porté par une seule personne. Pour être pertinent, il doit :
impliquer l’ensemble de l’équipe,
s’appuyer sur des temps de réflexion collective,
permettre l’expression des difficultés comme des réussites.
C’est cette dimension collective qui donne du sens à la démarche.
4.5 Articuler évaluation et pilotage
Le projet d’évaluation doit nourrir :
les réunions d’équipe,
les plans d’action,
les formations internes,
l’évolution du projet pédagogique et éducatif.
Il devient alors un outil vivant, au service de la qualité d’accueil et non un document figé.
5. Le rôle de la PMI : contrôle et accompagnement
La PMI reste garante du cadre réglementaire, mais elle peut aussi être :
une ressource méthodologique,
un partenaire de réflexion,
un appui pour clarifier les attendus.
Un projet d’évaluation clair et structuré facilite les échanges et permet de sortir d’une logique uniquement descendante.
Conclusion : une obligation qui peut devenir une opportunité
Le 4ᵉ volet du projet d’établissement n’est pas un “papier en plus”. C’est une opportunité de professionnalisation, qui permet de :
mettre des mots sur les pratiques,
objectiver la qualité d’accueil,
engager une dynamique d’amélioration continue.
À condition de le penser à partir du terrain, et non uniquement à partir des textes.
Retrouve toutes nos articles dans la section Actualités



